Déchets radioactifs : bilan à fin 2015

L’Andra recense les déchets radioactifs présents sur le territoire français au 31 décembre de chaque année, sur la base des informations fournies par leurs détenteurs. On compte plus d’un millier de détenteurs tous secteurs économiques confondus. 

L’ensemble des déchets de fonctionnement et de démantèlement des installations arrêtées, en fonctionnement ou ayant obtenu leur décret d’autorisation de création au 31 décembre 2015 est recensé. 


Les volumes et l’unité de mesure

Les volumes de déchets recensés correspondent aux volumes de déchets conditionnés, exprimés dans une unité de compte homogène : le «volume équivalent conditionné ».

Certains déchets pour lesquels aucun traitement complémentaire n’est envisagé par le producteur avant stockage sont déjà conditionnés en colis primaire. Pour les déchets dont le conditionnement n’est pas connu à ce jour, des hypothèses sont faites pour évaluer le volume équivalent conditionné. 

Pour le cas particulier du projet de stockage géologique Cigéo (qui est destiné à accueillir des déchets de haute activité (HA) et de moyenne activité à vie longue (MA-VL), un conditionnement complémentaire sera éventuellement nécessaire afin d’assurer des fonctions de manutention, de sûreté ou de réversibilité. Seul le volume des colis primaires est pris en compte dans le présent document.


Les catégories de déchets

Il existe six catégories de déchets radioactifs classifiés selon leur période radioactive et leur niveau d’activité. Certains déchets radioactifs n’entrent dans aucune des filières d’élimination existantes ou en projet, dans l’état des connaissances du moment, en raison notamment de leurs caractéristiques physiques ou chimiques particulières. Par convention, ils sont appelés déchets sans filière de gestion (DSF).

Les stocks de déchets à fin 2015 sont donnés selon les catégories présentées dans le tableau ci-dessous :



Les déchets déjà stockés ou destinés à être pris en charge par l'Andra à fin 2015

Ces bilans incluent les colis déjà stockés dans les centres de stockage de l’Andra dans la Manche et dans l’Aube. En outre, les déchets étrangers visés à l’article L. 542-2-1 du code de l’environnement, présents sur le territoire national et ayant vocation à être réexpédiés chez les clients étrangers sont comptabilisés dans ces bilans.


Catégorie de déchets radioactifsà fin 2014à fin 2015Ecart 2015-2014
HA3 3733 518145
MA-VL44 54646 2561 710
FA-VL87 10787 214107
FMA-VC892 737904 85112 114
TFA448 353463 77515 422
DSF2 7402 570-170
Total1 478 8561 508 184-

Les écarts constatés entre les quantités de déchets existants à fin 2014 (présentés dans le document Bilan à fin 2014) et celles à fin 2015 (présentés dans ce bilan) s’expliquent par : 

  • la production courante de déchets ;
  • le changement de catégorie (FMA-VC à FA-VL) d’environ 1200 m³ des colis de résines échangeuses d’ions d’AREVA la Hague ;
  • le changement de catégorie (FA-VL à MA-VL) d’un peu plus de 1600 m³ des colis de déchets solides d’exploitation cimentés CBF-C’2 d’AREVA la Hague.

Répartition du volume de déchets par secteur économique à fin 2015


Répartition du volume et des niveaux de radioactivité des stocks de déchets à fin 2015


Les déchets déjà entreposés et stockés à fin 2015

Catégories de déchets radioactifsTotalEntreposés StockésCapacités des stockages existants
HA3 5183 5180*0
MA-VL46 25646 2560*0
FA-VL87 21487 2140*0
FMA-VC904 85173 175831 6761 530 000
TFA463 775160 847302 928650 000
DSF2 5702 570--

*Ces déchets ne sont actuellement pas stockés : le stockage des déchets HA et MA-VL est actuellement en projet (Cigéo). Le stockage des déchets FA-VL est également à l'étude. Les déchets sans filière (DSF) sont destinés à intégrer l'une des six catégories après éventuellement traitement ou caractérisation.  


Les stockages et dépôts qui ne sont pas sous la responsabilité de l'Andra à fin 2015

Certains déchets radioactifs ont pu, par le passé, faire l’objet de modalités de gestion qui ont depuis évoluées. Dans certains cas, ces déchets ont été utilisés comme remblais ou gérés au sein de filières dédiées aux déchets conventionnels ou même immergés. Ils ne sont pas comptabilisés dans les bilans. Il s’agit :

  • Des stockages au sein ou à proximité des périmètres d’installations nucléaires de base civiles ou secrètes ou de sites et installations nucléaires d’expérimentations intéressant la Défense (plusieurs milliers de tonnes de déchets radioactifs).
  • Des sites miniers : les résidus de traitement de minerais d’uranium présents sur les anciens sites miniers désignent les produits restant après le traitement du minerai pour l’extraction de l’uranium. Les résidus correspondent de fait à des déchets de procédé (environ 50 millions de tonnes de résidus miniers).
  • Des installations de stockage de déchets conventionnels (ISD). Ces installations ont reçu par le passé, régulièrement ou occasionnellement, des déchets comportant de faibles quantités de radioactivité avoisinant quelques becquerels par gramme. Ces pratiques sont maintenant interdites (environ 3 000 tonnes de déchets radioactifs).
  • De dépôts de déchets à radioactivité naturelle élevée (déchets générés par la transformation de matières premières contenant naturellement des radionucléides mais qui ne sont pas utilisées pour leurs propriétés radioactives) qui ne relèvent pas de la réglementation des installations classées. Il s’agit notamment de déchets de phosphogypse provenant de la production d’engrais, de résidus provenant de la production d’alumine, de cendres de charbon issues des centrales thermiques et de résidus provenant des activités de production de terres rares à partir de monazite (environ 50 millions de tonnes de déchets radioactifs).
  • Des déchets immergés : l’évacuation en mer a été par le passé un moyen de gestion de tous types de déchets. Les déchets radioactifs n’ont pas fait exception à cette règle. La solution de l’immersion simple de ces déchets était en effet considérée comme sûre par la communauté scientifique car la dilution et la durée présumée d’isolement apportées par le milieu marin étaient suffisantes (plusieurs milliers de tonnes de déchets radioactifs dans les eaux territoriales françaises du Pacifique). En savoir plus sur les déchets immergés.  

Ces sites de stockage (hors ceux liés à l’immersion) font l’objet d’une surveillance environnementale, qui permet de vérifier que l’impact lié à ces déchets est maîtrisé, ou dans le cas contraire, de prendre les mesures adéquates de protection de l’environnement et des populations.


Résidus de traitement de conversion de l'uranium 

Par ailleurs, les déchets de l’usine d’Areva à Malvési sont des résidus de traitement de conversion de l’uranium (RTCU) dont le mode de gestion à long terme est en cours de définition. Ces volumes ne sont pas comptabilisés dans les bilans. 


Au 31/12/2014Au 31/12/2015Ecart 2015-2014
RTCU726 117734 2988 181

Les déchets à Vie Très Courte (VTC) gérés en décroissance à fin 2015

Au 31/12/2014Au 31/12/2015
Déchets gérés en décroissance (m³)21032017

Les déchets à vie très courte (VTC) proviennent principalement du secteur médical (84%), qui comprend les activités diagnostiques et thérapeutiques (scintigraphie, radiothérapie…). 

La quantité de déchets gérés en décroissance est quasiment stable par rapport à 2014. Ces volumes ne sont pas comptabilisés dans les bilans.