Focus sur les déchets de démantèlement

Comme l’industrie électronucléaire est une industrie relativement récente (née au début des années 1960), les principaux chantiers de démantèlement des installations nucléaires du cycle du combustible ainsi que les centres nucléaires de production d’électricité (CNPE) sont à venir, principalement après 2030.

Les déchets induits par les opérations de démantèlement sont de deux types : conventionnels ou radioactifs. Cette distinction résulte de la mise en place sur les installations nucléaires de base d’un découpage en zones, qui prend en compte l’histoire de l’installation et les opérations qui y ont été conduites :

  • les déchets issus de zones à déchets conventionnels sont des déchets non radioactifs, qui ne sont donc pas gérés par les filières spécifiquement nucléaires ;
     
  • les déchets issus des zones à production possible de déchets nucléaires sont tous considérés comme radioactifs, même si aucune radioactivité n’y est détectée.

 


Nature des déchets issus du démantèlement

Les déchets de démantèlement sont pour 80 % des déchets conventionnels, notamment des gravats et des métaux, et pour 20 % des déchets radioactifs. Ces derniers sont majoritairement de très faible et faible activité à vie courte :

  • des matériaux liés à la démolition des installations (béton, gravats, ferrailles, parois de boîtes à gants, tuyauteries...) ;
     
  • des équipements de procédé décontaminés (pièces métalliques par exemple) ;
     
  • des outils et tenues de travail (gants, tenues vinyle…) ;
     
  • des effluents qui ont servi au rinçage d’équipements.

Il s’y ajoute des déchets de faible activité à vie longue, notamment les déchets de graphites provenant de la première filière française de réacteurs dite « uranium naturel graphite gaz » et une petite quantité de déchets de moyenne activité à vie longue (déchets activés, dont des pièces métalliques situées au cœur des réacteurs et certains déchets de l’installation ITER).

Les déchets radioactifs issus du démantèlement sont gérés comme les déchets de fonctionnement des installations. Ils sont triés, subissent éventuellement un traitement puis sont conditionnés (Voir le dossier thématique sur le traitement/conditionnement), avant d’être entreposés ou transportés vers les centres de stockage adaptés à leur niveau de radioactivité.



Estimation des quantités de déchets issus du démantèlement

Lors de la préparation des opérations de démantèlement, la quantité et la nature des déchets qui seront produits sont évalués de façon la plus précise possible et les moyens de traitement et de conditionnement à mettre en œuvre sont définis. Ces évaluations prennent en compte la totalité des déchets produits par l’opération, y compris les déchets secondaires induits, par exemple les volumes d’effluents engendrés par la décontamination.

Pour ce faire, en premier lieu, un inventaire rigoureux des installations à assainir, des équipements qu’elles contiennent et de leur niveau de contamination résiduelle est réalisé. Une bonne connaissance de l’historique de l’exploitation de l’installation est à ce titre primordial.

Les quantités de déchets qui seront produites par le démantèlement de ces installations sont alors évaluées en utilisant des « ratios techniques » qui ont été établis et sont régulièrement mis à jour sur la base du retour d’expérience des opérations de démantèlement déjà réalisées. Ces ratios permettent de calculer la quantité de déchets issue du démantèlement de chaque partie d’une installation en fonction de la nature et des caractéristiques techniques de celle-ci et des mesures de contamination radiologique qui y ont été réalisées.

Le graphique ci-dessous présente les quantités prévisionnelles de déchets à fin 2030 en fonction des catégories en distinguant les quantités de déchets issus du démantèlement. La majorité des déchets radioactifs issus des opérations de démantèlement sont de catégorie TFA, et dans une moindre mesure de catégorie FMA-VC. Dans certains cas particuliers et en fonction de la nature de l’installation, ils peuvent également relever de la catégorie MA-VL. Le démantèlement des réacteurs de première génération uranium naturel graphite gaz produira des déchets FA-VL.