Déchets radioactifs : bilan à fin 2017

L’Andra recense annuellement les déchets radioactifs présents sur le territoire français au 31 décembre de chaque année sur la base des informations fournies par leurs détenteurs. On compte plus d’un millier de détenteurs tous secteurs économiques confondus, dont une minorité détient la majorité des déchets radioactifs. Les déchets étrangers visés à l’article L. 542-2-1 du Code de l’environnement et ayant vocation à être réexpédiés chez les clients étrangers sont comptabilisés dans ces bilans s'ils sont présents sur le territoire français à la date de référence.


Les déchets déjà stockés ou destinés à être pris en charge par l'Andra

Les volumes de déchets recensés correspondent aux volumes de déchets conditionnés, c'est-à-dire pour lesquels aucun traitement complémentaire n'est envisagé par leurs producteurs avant stockage. Les déchets ainsi conditionnés constituent des colis primaires.

Afin de pouvoir effectuer des bilans, une unité de compte homogène homogène a été adoptée : le «volume équivalent conditionné ».

Pour les déchets dont le conditionnement n'est pas mis en oeuvre à ce jour, des hypothèses sont faites pour évaluer le volume équivalent conditionné.

Pour le cas particulier du projet de stockage géologique Cigéo (qui est destiné à accueillir des déchets de haute activité (HA) et de moyenne activité à vie longue (MA-VL)), un conditionnement complémentaire, appelé colis de stockage, sera éventuellement nécessaire afin d’assurer notamment des fonctions de manutention ou de récupérabilité. Seul le volume des colis primaires est pris en compte dans les bilans.

Les données ci-après correspondent aux déchets radioactifs déjà stockés dans les centres de l'Andra ou destinés à être pris en charge par l'Agence.


Bilan et évolution des volumes (m3) de déchets déjà stockés ou destinés à être pris en charge par l'Andra


Catégorie de déchets radioactifsStock à fin 2017Écart 2017-2016
HA3 740+ 90
MA-VL42 800- 2 200
FA-VL93 600+ 3 100
FMA-VC938 000+ 21 000
TFA537 000+ 55 000
DSF1 770- 30
Total~ 1 620 000~ + 80 000

Les écarts ont été calculés sur la base des chiffres exacts puis arrondis.

Les écarts constatés entre les quantités de déchets existants à fin 2016 et celles à fin 2017 s'expliquent par :

  • la production courante de déchets pour toutes les catégories ;
  • le changement de catégorie par le CEA d'une partie des colis de boues de filtration et concentrats cimentés et d'une partie des colis de déchets solides cimentés de Cadarache, initialement considérées MA-VL (2 400 m3), en FMA-VC (environ 10 300 m3). Cette augmentation de volume équivalent conditionné correspond à une modification des hypothèses de reconditionnement et non à une augmentation de la quantité de déchets ;
  • la proposition d’Orano de considérer des déchets de Malvési auparavant déclarés comme déchets en stockage historique (DSH), en déchets TFA (environ 37 000 m3).

Bilan des volumes (m3) de déchets présents sur les sites des producteurs / détenteurs et stockés dans les centres de l'Andra à fin 2017


Catégories de déchets radioactifsStock total à fin 2017Sur sites producteurs / détenteursStockés dans les centres de l'AndraCapacités des stockages existants
HA3 7403 7400*0*
MA-VL42 80042 8000*0*
FA-VL93 60093 6000*0*
FMA-VC938 00085 400853 0001 530 000
TFA537 000185 000352 000650 000
DSF1 7701 770--

Les déchets FMA-VC et TFA sont entreposés sur leur site de production pour reprise, conditionnement ou évacuation vers les centres de stockage de l’Andra.

* Ces déchets ne sont actuellement pas stockés : le stockage des déchets HA et MA-VL est actuellement en projet (Cigéo). Le stockage des déchets FA-VL est également à l'étude. Les déchets sans filière (DSF) sont destinés à intégrer l'une des six catégories après éventuellement traitement ou caractérisation.  


Répartition par secteur économique du volume de déchets (en équivalent conditionné) déjà stockés ou destinés à être pris en charge par l'Andra, à fin 2017



La répartition des volumes et niveaux de radioactivité présentée ci-dessous est issue de l'édition 2018 de l'Inventaire national (sur la base des chiffres à fin 2016) :



Les déchets à vie très courte (VTC)

Bilan et évolution des volumes (m3) de déchets à vie très courte gérés en décroissance


A fin 2017Écart 2017-2016
VTC2 000+ 45

La quantité de déchets à vie très courte est quasiment stable par rapport à 2016. Ces volumes ne sont pas comptabilisés dans les bilans.


Le cas spécifique des déchets de Malvési

Les résidus de traitement de conversion de l’uranium (RTCU) de l’usine d'Orano de Malvési sont en partie des déchets historiques. La recherche d’une filière sûre de gestion à long terme sur le site de Malvési est en cours pour les RTCU historiques du fait de leurs spécificités (volumes importants, etc.). Les déchets RTCU produits après 2019, ne seront plus considérés comme assimilables aux RTCU historiques et devront, après traitement et conditionnement, être intégrés aux filières de gestion TFA et FA-VL.

Bilan et prévisions des volumes de résidus de traitement de conversion de l'uranium entreposés sur le site de Malvési (m3)


A fin 2017Écart 2017-2016A fin 2030 (données édition 2018) A fin 2040 (données édition 2018)
Bassins de décantation64 800~ 5 60000
RTCU historiques282 0000310 000310 000
RTCU FA-VL0024 00040 000
Effluents nitratés294 000~ 79 000200 000110 000

Ces volumes ne sont pas comptabilisés dans les bilans et les prévisions.

 

Les évolutions des quantités entre 2016 et 2017 s’expliquent par :

  • l'évaporation des effluents nitratés entraînant une diminution du stock. En effet, les liquides nitratés sont transférés vers des bassins pour concentration par évaporation naturelle, sous l’effet des conditions météorologiques locales ;
  • une nouvelle estimation des boues dans les bassins de décantation après la réalisation de mesures en 2017.