Entreposage des déchets radioactifs

Les déchets radioactifs sont entreposés sur différents sites industriels dans des installations dédiées à cet effet. Ces déchets sont destinés à être stockés par lʼAndra dans des installations spécifiques existantes ou en projet ou selon des solutions qui restent à définir selon les cas.

Il s’agit : 

  • pour les déchets à destination des centres de stockage existants : 
    • d’entreposages intermédiaires de déchets conditionnés sous forme de colis, à caractère logistique, permettant de gérer les flux vers les installations de stockage de l’Andra ; 
    • d’entreposages de déchets, notamment anciens, en attente de traitement, de conditionnement, avant évacuation vers les installations de l’Andra ; 
  • pour les déchets à destination des centres de stockage en projet : 
    • d’entreposages de déchets, notamment anciens, en attente de reprise (RCD), avant évacuation vers d’autres entreposages ; 
    • d’entreposages en attente de la disponibilité des filières de stockage ; 
    • d’entreposages pour les déchets de haute activité (HA), ceux-ci devant être entreposés plusieurs dizaines d’années en décroissance, avant de pouvoir être pris en charge en stockage profond.

Taux d'occupation des entreposages des déchets radioactifs à fin 2022

Le tableau ci-dessous recense les entreposages en exploitation à fin 2022 avec leur taux d’occupation. Conformément à l’article 3 de l’arrêté du 9 octobre 2008 modifié, sont présentées les installations accueillant des colis de déchets radioactifs pour lesquels les solutions de gestion définitives n’existent pas ou sont à l’état de projet. De nouvelles installations sont mises en service afin de prendre le relais des installations plus anciennes, soit parce qu'elles arrivent à saturation, soit parce qu'elles doivent être démantelées. De cette manière, l'ensemble des colis de déchets, tel que ceux en cours de production, dispose d'une capacité d'entreposage existante.


Localisation des entreposages des déchets radioactifs

La localisation des entreposages destinés à accueillir des colis de déchets radioactifs pour lesquels les solutions de stockage n’existent pas ou sont à l’état de projet au 31 décembre 2021 est présentée ci-dessous. La nature, la quantité de déchets entreposés et les lieux d’entreposage sont décrits dans l’Inventaire géographique disponible ici.


Prévision d'extension ou de création d'entreposages des déchets radioactifs à fin 2022

Les producteurs prévoient des extensions ou le déploiement de nouvelles installations afin de disposer des capacités d’accueil suffisantes pour entreposer les colis issus de la production, la reprise et le reconditionnement de déchets radioactifs. Conformément à l’article 3 de l’arrêté du 9 octobre 2008 modifié, le tableau ci-dessous présente les prévisions d’extension ou de création d’entreposage pour la décennie à venir, comme planifiées à fin 2022.


Besoins complémentaires

Conformément à l’article 3 de l’arrêté PNGMDR du 9 décembre 2022, des données complémentaires sont transmises par les producteurs afin d’évaluer d’ici 2050 les rythmes d'atteinte des capacités maximales autorisées des installations et prévoir le déploiement de nouvelles capacités d’entreposage en fonction des scénarios prospectifs (S1, S2, S3 et S4). 

Le tableau ci-contre présente les besoins complémentaires d’ores et déjà identifiés pour répondre aux besoins futurs évalués par les producteurs. 

Les besoins complémentaires en capacité d’entreposage des déchets radioactifs pour les trois décennies à venir peuvent dépendre des scénarios prospectifs étudiés dans le cadre de l’Inventaire national. En effet, pour certaines typologies de déchets radioactifs, les prévisions de production diffèrent en fonction des hypothèses faites, notamment en ce qui concerne la stratégie de retraitement des combustibles usés.

C’est le cas pour le site Orano de La Hague. Afin de couvrir l’ensemble des potentiels besoins en entreposage, Orano met en place deux stratégies : 

  • la première concerne les colis de déchets solides dʼexploitation cimentés (CBFC’2) et les colis de déchets compactés (CSD-C). Elle vise à définir une capacité d’accueil pour les extensions des bâtiments EDS et ECC à même de couvrir la production future la plus élevée, telle qu’évaluée dans le scénario S1  ; 
  • la seconde concerne les colis de déchets vitrifiés (CSD-V). Le déploiement progressif de fosses dans le bâtiment EEV/LH, à raison de deux par décennie, permet de s’adapter aux éventuelles évolutions de stratégie vis-à-vis du retraitement des combustibles usés, notamment dans le cas d’un arrêt à l’horizon 2040, tel qu’envisagé dans les scénarios S3 et S4. Ainsi, le choix de construire les fosses 90 et 100 entre 2040 et 2050 se fera en fonction de la stratégie énergétique française. 

Concernant les sites d’EDF et de Framatome, l’hypothèse sur la durée de fonctionnement des réacteurs du parc actuel étant la même, quel que soit le scénario, les prévisions de production de déchets radioactifs sont équivalentes. Par conséquent, leurs besoins complémentaires en capacité d’entreposage sont indépendants des scénarios. 

Pour le CEA civil, ses activités de recherche étant équivalentes dans tous les scénarios étudiés, les besoins complémentaires en capacité d’entreposage sont identiques quel que soit le scénario.


Illustration N° 1 : Démantèlement des silos de Saint-Laurent-des-eaux (EDF)

Outre les deux anciens réacteurs UNGG aujourd’hui en phase de démantèlement, le site EDF de Saint-Laurent-des-Eaux dispose de deux silos d’entreposage de chemises de graphite irradié (déchets de faible activité à vie longue) provenant de l’exploitation de ces réacteurs, autorisés par le décret du 14 juin 1971 (INB 74).

Dans le cadre du démantèlement programmé de ces silos, EDF a pris la décision de créer une nouvelle installation d’entreposage sur le site de Saint-Laurent-des-Eaux afin d’accueillir, au début de la décennie 2030, les colis de chemises de graphite irradié.

Illustration N° 2 : Reprise des fûts d'enrobés bitumés du site CEA de Marcoule

Depuis mai 1966, le procédé d’enrobage par bitumage des boues résultant du traitement d’effluents liquides de moyenne et haute activité est mis en œuvre sur le site CEA de Marcoule et a conduit à la production de plus de 60 000 fûts. En l’absence d’exutoire associé, les fûts ont été entreposés sur le site, initialement en fosses (Zone Nord) et en casemates (Zone Sud).  

À partir de 2000 et jusqu’à 2018, plus de 10 000 fûts entreposés dans les fosses de la zone nord et les casemates 1 et 2 ont été repris, reconditionnés et entreposés dans le bâtiment d’Entreposage intermédiaire polyvalent (EIP). Ce bâtiment est actuellement composé de deux alvéoles et dispose d’une capacité d’accueil de 11 500 colis.

Dès 2027, deux alvéoles complémentaires, d’une capacité d’environ 11 500 fûts, seront mises en service, permettant la reprise et l’entreposage des fûts actuellement entreposés dans les casemates 3 et 4. 

Enfin, dans le cadre de la reprise des dernières casemates, une troisième phase, de 2034 à 2055 environ pourrait suivre, avec le déploiement, à l’horizon 2040, d’une extension de l’EIP d’une capacité complémentaire d’environ 45 000 fûts.